Chaussons Mad Rock : quel modèle pour quelle pratique ?
Les chaussons Mad Rock occupent une place à part dans le paysage des chaussons d'escalade. La marque américaine défend un positionnement simple, qu'elle résume en trois mots : "Innovation · Quality · Value". Elle développe ses propres gommes en interne (la principale, la Science Friction 3.0, est fabriquée en Californie) et les utilise sur l'ensemble du chausson — pas seulement sous la semelle — pour proposer des chaussons performants à un prix plus accessible que la plupart des références européennes. Ce que nous constatons à l'usage, et que Mickaël Mawem confirme en compétition : ces gommes tiennent significativement plus longtemps que la moyenne du marché. Pour qui grimpe trois fois par semaine en salle, ce n'est pas un détail marketing — c'est plusieurs mois de vie en plus pour la même paire, et un budget chaussons qui baisse mécaniquement.
Reste à savoir lequel choisir. Drone 2.0 HV, D2.ONE HV, Remora Pro HV : trois modèles, trois philosophies, trois profils de grimpeur. Cet article fait le tour de la gamme Mad Rock disponible sur notre collection chaussons d'escalade, explique la gomme Science Friction 3.0 qui équipe les trois modèles, et vous donne le cadre pour savoir lequel correspond à votre pratique. Avec, à la fin, l'avis de Mickaël Mawem, qui grimpe au plus haut niveau mondial avec ces chaussons.

Mad Rock, l'ADN d'une marque qui mise tout sur la gomme
Mad Rock n'est pas une marque historique de la grande tradition européenne du chausson d'escalade. C'est un actor américain qui revendique une approche simple : développer ses propres gommes en interne, et utiliser de la gomme technique, spécifiquement conçue pour l'escalade, partout sur le chausson — sous la semelle, au niveau de l'enrobage, sur la contre-pointe — plutôt que d'économiser sur les zones moins visibles. Leur philosophie : « nous ne lésinons jamais sur les matériaux en utilisant de la gomme inférieure ». Côté positionnement, la marque assume un parti pris valeur ("Innovation · Quality · Value") : des chaussons techniques à un prix plus accessible que la moyenne.
Ce que nous constatons à l'usage va plus loin : les gommes Mad Rock tiennent significativement plus longtemps que la moyenne du marché. Sur d'autres marques en grimpe régulière en salle, des trous apparaissent souvent entre un et trois mois sur la pointe ou la zone d'appui principale. Avec une paire Mad Rock, ce même usage tient généralement entre six et douze mois selon l'intensité. C'est ce différentiel — couplé au prix — qui justifie à lui seul l'intérêt de la marque pour qui grimpe beaucoup.
Le tout sans sacrifier l'adhérence. La gomme principale qui équipe les trois modèles de cet article — la Science Friction 3.0, fabriquée en Californie — combine adhérence et résistance à l'abrasion. Par rapport à sa version précédente, Mad Rock l'a améliorée à la fois en grip et en durabilité ; la marque la résume en trois mots : « plus adhérente, plus résistante, plus intelligente ». C'est ce double avantage que Mickaël Mawem retrouve en pratique compétition depuis qu'il grimpe en Mad Rock.
Choisir son chausson selon votre pratique
Avant d'entrer dans le détail des modèles, il faut clarifier votre cas d'usage. Trois questions à vous poser :
Vous grimpez surtout en intérieur ou en extérieur ? En salle, sur de la résine, vous pouvez partir sur un chausson très souple sans inquiétude — la souplesse donne plus d'adhérence sur les prises et les volumes, et la résine n'attaque pas la gomme. En extérieur, le raisonnement s'inverse : la roche entaille rapidement une gomme souple, et la durabilité chute. Sauf si vous voulez réserver une paire souple uniquement pour les runs perf sur vos projets, mieux vaut viser un chausson plus rigide pour les sorties en falaise et en bloc extérieur.
Plutôt bloc, voie, ou les deux ? Un chausson de bloc pur est souvent plus agressif, plus cambré, conçu pour des appuis courts et précis. Un chausson de voie cherche plus de confort sur la durée, sans renoncer à la performance. La polyvalence existe — c'est précisément ce que vise la gamme Mad Rock — mais selon votre pratique dominante, le choix n'est pas le même.
Quel poids faites-vous ? Le poids change la façon dont vous écrasez le chausson. En dessous de 60 kg environ, un chausson très rigide comme le Drone 2.0 HV peut être plus difficile à faire travailler — un D2.ONE HV ou un Remora Pro HV répond plus facilement au pied. Au-dessus de 60 kg, les trois modèles fonctionnent sans contrainte particulière de ce côté-là.
Ces trois axes — intérieur/extérieur, format de pratique, poids — orientent vers l'un des trois modèles que nous détaillons ci-dessous.
Drone 2.0 HV : le chausson puissant
Le Drone 2.0 HV est le plus rigide et le plus agressif des trois. Mad Rock le positionne comme « le modèle le plus puissant de la gamme Drone » — un chausson conçu pour la puissance et la tension en dévers, avec une semelle intercalaire polycarbonate sur toute la longueur qui transfère la force jusqu'à la pointe. Asymétrique, cambré, il s'adresse aux grimpeurs qui veulent un chausson capable de répondre dans les passages exigeants : résine ouverte agressive, dévers prononcé, blocs techniques.
Ce qui le distingue d'autres chaussons agressifs du marché : sa gomme Science Friction 3.0. Elle accroche fort, mais elle ne se dégrade pas à la vitesse d'une gomme tendre concurrente. Pour un grimpeur intermédiaire à confirmé qui veut un chausson capable de tenir la cadence sur plusieurs sessions par semaine, c'est un compromis rare.
La version HV élargit le public cible : les pieds larges ou volumineux, généralement mal servis sur les modèles agressifs européens, trouvent ici un ajustement confortable sans renoncer à la performance. Sur la durée des sessions, beaucoup dépend du choix de pointure — un Drone 2.0 choisi en pointure de ville (Performance fit) reste exploitable sur plusieurs heures, alors qu'un choix de taille très serrée réservera plutôt l'usage aux sessions de bloc et aux runs perf. On y revient juste après dans la section dédiée à la pointure Mad Rock.
Le détail complet sur ce modèle — montants techniques, sensations en grimpe, comparaison avec la version précédente — est dans notre test du Mad Rock Drone 2.0 HV.

D2.ONE HV : l'hybride bloc et voie
Le D2.ONE HV est le chausson le plus polyvalent des trois — Mad Rock le surnomme « the quiver killer » (le « couteau suisse »), le modèle ultime capable de remplacer toute la collection. Il intègre une semelle intermédiaire hybride (Hybrid Midsole) qui permet de combiner deux comportements habituellement opposés : une rigidité suffisante pour pousser sur des appuis précis, et assez de souplesse sur l'avant-pied pour rester à l'aise en bloc, où la sensibilité prime. Mad Rock le résume en une formule : « assez souple pour ressentir, assez rigide pour pousser ».
C'est typiquement le chausson qu'on choisit quand on ne veut pas se restreindre à une seule pratique. Une séance bloc en début de semaine, des longueurs en falaise le week-end, une session d'entraînement sur pan : le D2.ONE HV encaisse tout cela sans demander à son utilisateur de jongler avec trois paires différentes. C'est aussi un chausson plutôt indulgent sur la durée des sessions longues — la cambrure reste maîtrisée et le confort général permet d'enchaîner sans subir.
Sur la durabilité, on retrouve ce que nous observons sur l'ensemble de la gamme : la gomme tient et reste exploitable bien après le moment où d'autres chaussons commencent à percer. Pour un grimpeur qui s'entraîne sérieusement et qui ne veut pas changer de chaussons tous les deux mois, c'est un argument décisif.
Le D2.ONE HV est aussi celui que Mickaël Mawem utilise en compétition et sur ses projets — on y revient plus bas. Le test complet du D2.ONE HV détaille sa construction, les sensations, et les profils auxquels il s'adresse en priorité.
Remora Pro HV : le souple sensible
Le Remora Pro HV is le plus souple des trois modèles. Mad Rock le positionne comme leur chausson le plus sensible — « le chausson moulé par compression le plus abouti jamais conçu », « assez souple pour faire totalement confiance aux adhérences et aux micro-grattons, sans la moindre hésitation ». La cambrure reste modérée mais le profil est agressif, et la souplesse de la semelle (intercalaire polyester pur) permet de parfaitement ressentir la prise sous le pied. Utile sur les volumes et les adhérences à plat — exactement ce qui prime en salle moderne.
Sa force se joue sur deux aspects. D'abord la sensibilité : pour un grimpeur qui a déjà une certaine maîtrise du placement de pied et veut sentir la prise, le Remora Pro HV change l'expérience. Ensuite le confort — Mad Rock a ajouté plusieurs éléments dédiés (le Comfort Disk sous la contre-pointe pour soulager les appuis, les inserts Knuckle Bumps en gomme Xtreme Friction pour protéger les phalanges, le Heel Lock pour caler le talon, le système Tension Wrap pour un ajustement optimal au laçage). C'est typiquement le chausson qu'on garde aux pieds entre deux essais, pas celui qu'on retire à la première occasion.
Côté usage, à recommander prioritairement pour la salle. La souplesse qui fait son intérêt en intérieur — ressenti précis, adhérence sur les volumes — devient un handicap sur le rocher, qui entaille rapidement une gomme souple et fait chuter la durabilité. Pour la falaise et le bloc extérieur, mieux vaut viser le Drone 2.0 HV ou le D2.ONE HV. Sauf si vous voulez réserver le Remora Pro à vos runs perf sur des projets précis, en acceptant un cycle de remplacement plus court.
Pour le détail complet — choix de pointure, comparaison avec les autres modèles, retour terrain — voir le test du Mad Rock Remora Pro HV.
Science Friction 3.0 : la gomme qui équipe les trois modèles
Mad Rock développe quatre gommes en interne, mais une seule équipe la semelle des trois chaussons de cet article : la Science Friction 3.0, fabriquée en Californie. C'est la signature de la marque côté semelle — Drone 2.0 HV, D2.ONE HV et Remora Pro HV tournent tous sur cette même gomme. Mad Rock la résume en trois mots : « plus adhérente, plus résistante, plus intelligente ». Concrètement : la formule a été retravaillée pour augmenter à la fois l'adhérence et la résistance à l'usure par rapport aux versions précédentes, grâce à une meilleure résistance à la déchirure et à une formulation offrant une meilleure mémoire de forme.
Ce qu'on observe à l'usage : un grip suffisant pour des appuis exigeants en bloc comme en falaise, et surtout une résistance à l'abrasion qui repousse nettement le moment où la pointe commence à percer. Sur un usage régulier en salle, c'est typiquement ce qui fait la différence entre changer de chaussons tous les deux mois et changer tous les six à douze mois.
À noter sur le Remora Pro HV : Mad Rock ajoute en complément du SF 3.0 une zone d'enrobage en Xtreme Friction, leur gomme la plus tendre, réservée à la zone de contre-pointe pour absorber l'écrasement des phalanges sans perdre en grip. Ce n'est pas une gomme de semelle — c'est un détail de construction spécifique au Remora Pro. Le détail complet sur les formulations Mad Rock et leurs comportements selon les températures est dans notre guide des gommes Mad Rock.

Taille des chaussons Mad Rock : comment choisir la bonne pointure
Petit point pratique avant de passer commande, parce que Mad Rock ne raisonne pas comme la plupart des marques européennes. Pas de logique « je descends d'une ou deux pointures par rapport à ma taille de ville » : la marque part de la taille réelle du pied (longueur du pied mesurée à plat, en cm ou en pointure US) et décline quatre niveaux d'ajustement :
- Confort : pointure mesurée + 1 — pour les porter longtemps et sans pression
- Ajusté : pointure mesurée + 0,5 — un bon maintien mais un pied détendu
- Performance : pointure mesurée — la référence pour la performance
- Ultra-ajustée (downsized) : pointure mesurée − 0,5 à − 1 — le maximum, selon votre tolérance à la douleur
Concrètement : si vous avez l'habitude de descendre de deux pointures sur une Sportiva ou une Scarpa par rapport à votre taille de ville, ne reportez pas ce réflexe sur Mad Rock — vous risquez d'être en dessous du seuil de tolérance et de souffrir pour rien. Le bon point de départ, c'est de mesurer votre pied à plat (talon contre un mur, pointe du gros orteil) et de viser le niveau d'ajustement qui correspond à votre usage : Performance pour la grimpe technique en bloc et en projet, Ajusté pour un compromis confort/performance sur sessions longues, Confort pour un chausson qu'on garde en continu.
L'avis de Mickaël Mawem, champion du monde de bloc
"J'utilise les trois modèles selon ce que je grimpe, et honnêtement chacun a sa place dans ma grimpe.
Le D2.ONE HV, c'est mes polyvalents. C'est ceux que je prends en compétition, à l'entraînement et pour mes projets. Quand je ne sais pas exactement sur quoi je vais tomber ou que j'ai besoin d'un chausson qui répond partout, c'est lui que je mets. Pour moi c'est le meilleur compromis de la gamme.
Le Drone 2.0 HV, je l'adore en falaise. Il est aussi très bien en salle, mais c'est dehors qu'il prend tout son sens — quand tu as besoin d'un chausson agressif qui tient sur la durée. C'est ça que les gens sous-estiment souvent avec Mad Rock : tu peux avoir un chausson performant qui ne devient pas un bout de plastique au bout d'un mois.
Le Remora Pro HV, c'est mon chausson de tous les jours en salle. Très performant, mais surtout agréable. C'est celui que je mets quand je vais grimper sans me prendre la tête, et que je n'ai pas envie de souffrir entre deux essais. Si tu cherches un chausson pour ta pratique régulière en intérieur sans entrer dans une logique de spécialisation, c'est lui que je te conseille. Sur le rocher en revanche, je préfère mes autres chaussons — le Remora Pro est très souple, donc il s'use plus vite en extérieur."

Nos recommandations selon votre profil
Pour synthétiser, voici comment nous orientons les grimpeurs sur les trois modèles de la gamme :
- Vous grimpez surtout en bloc dur ou en falaise exigeante et vous voulez le chausson le plus rigide et le plus puissant : Mad Rock Drone 2.0 HV.
- Vous alternez bloc et voie, intérieur et extérieur et vous voulez un seul chausson qui ne vous force pas à choisir : Mad Rock D2.ONE HV.
- Vous grimpez surtout en salle et vous cherchez sensibilité et confort sur les sessions longues : Mad Rock Remora Pro HV.
Un mot sur le poids du grimpeur, parce que ça change la donne sans être un sujet sensible. En dessous de 60 kg environ, un chausson très rigide comme le Drone 2.0 HV peut être plus difficile à faire travailler — un D2.ONE HV ou un Remora Pro HV répond plus facilement au pied et demande moins d'effort pour exploiter la gomme. Au-dessus de 60 kg, les trois modèles fonctionnent sans contrainte particulière, le choix se joue alors uniquement sur le terrain et le format de pratique.
Toute la sélection Mad Rock est disponible dans notre collection chaussons d'escalade, avec une politique de prix que nous avons voulue accessible. Sur les chaussons Mad Rock spécifiquement, vous trouverez chez nous des tarifs nettement plus bas que sur la plupart des sites européens — c'est un choix éditorial assumé pour rendre cette gamme accessible au plus grand nombre.
Pour conclure
Choisir un chausson Mad Rock revient à arbitrer entre trois philosophies plutôt qu'à comparer des fiches techniques. Le Drone 2.0 HV pour la puissance et la rigidité en dévers, le D2.ONE HV pour la polyvalence sans compromis, le Remora Pro HV pour la sensibilité et le confort en salle. Les trois partagent la même gomme Science Friction 3.0 sous la semelle — et le même constat, côté shopclimbing comme côté Mickaël : une durabilité qui sort nettement au-dessus de la moyenne du marché, sans renoncer à l'adhérence quand elle compte.
Si vous hésitez encore, prenez le temps de lire les tests dédiés à chaque modèle — ils détaillent les sensations, les pointures conseillées et les profils d'usage. Et n'hésitez pas à passer commande sur notre collection chaussons d'escalade : c'est probablement le meilleur moyen de baisser durablement votre budget chaussons sans rien sacrifier sur la performance.